«À quoi on sert quand on laisse sous un Abribus une famille avec deux enfants en fauteuil roulant et que la mère est en pleurs parce qu’en voyant le camion du Samu social, elle a cru qu’on allait lui venir en aide ? » En une phrase, Maud Bigot, chef de service du Samu social de Lyon, a dit toute sa rage et son impuissance.

Le Collectif des associations unies, qui regroupe 36 associations de défense des sans-abris et mal logés, a lancé un cri d’alarme lors d’une conférence de Presse ce mercredi 12 décembre. En voici quelques extraits:

« Ce qui se passe sur le terrain est grave.
 Nous tentons de le rendre visible car nous pensons que si les gens savaient, ils ne l’accepteraient pas. »
« À Lyon, cet hiver, s’il n’y a pas de décès dans la rue, cela relèvera du miracle. » « À Toulouse, sur 100 personnes qui appellent au 115, moins de 10 arrivent à avoir quelqu’un au téléphone. Et, dans 95 % des cas, il n’y a pas de solution. »
« À Paris, le 17 décembre, 500 personnes en famille ont appelé le 115 sans obtenir d’hébergement. En Seine-Saint-Denis, c’est 250 personnes, majoritairement en famille, chaque jour. »

« Le 115 de Paris dit qu’il y a chaque jour environ 600 personnes qui le sollicitent, sans obtenir d’hébergement. Sur ces 600, il y en a 500 en famille, et la moitié ont des enfants. »
« À Lyon, il est possible de rencontrer une femme à la rue avec un bébé de 28 jours. »
« À Lyon, avoir 4 ans, c’est parfois trop âgé pour pouvoir être logé »avoir 4 ans, c’est déjà être trop vieux pour avoir accès à la première vague d’hébergement du plan grand froid »
« En dix ans, à Lyon, le nombre de places a été multiplié par quatre mais la population qui appelle le 115 a été multipliée par 20 »

« L’un des centres d’accueil dédiés aux migrants a mis en place un système de tirage au sort. Si vous tirez la boule verte, vous pouvez entrer, avec la rouge, vous restez dehors. »
« La situation est telle qu’entre 60 et 70 % de sans-domicile que l’on rencontre en maraude n’appellent même plus le 115. »

« Concrètement, on passe notre temps à dire aux gens qu’on n’a pas de solution.»
« Pour les femmes, on ne peut faire que des propositions à la nuit et les hommes n’appellent pratiquement plus parce qu’ils savent que nous n’avons rien pour eux »
« dans certains territoires, les services de l’État demandent aux associations d’appliquer des critères d’âge des enfants, de santé ou de régularité de la situation administrative. Ce tri sélectif est illégal et en complète contradiction avec le principe de l’inconditionnalité de l’accueil. »

« Je ne veux plus d’ici la fin de l’année avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois ». Telle était la promesse d’Emmanuel Macron, en juillet 2017. Une promesse dans le vent, parmi tant d’autres…



Le collectif des associations unies a adressé une lettre ouverte au premier Sinistre le 10 décembre 2018 pour lui demander d’intervenir. 2 semaines plus tard, cette lettre est restée sans réponse…


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